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(Il est fortement conseillé par l’auteur de lire cet article avec en fond sonore « Il venait d’avoir 18 ans » de Dalida. Même si la chanson, qui parle d’une vieille cougar qui se fait pécho par un petit minot de 18 ans, n’a rien à voir avec les lignes qui suivent, je vous rassure. C’est juste pour le titre en fait. Encore)

  • La chanson qui cartonnait, c’était « Façon Sex » des Tribal King. Putain, comment on a pu laisser faire ça. C’est bien la folie des hommes. Heureusement, au cinéma, c’est « Je vais bien, ne t’en fais pas » qui tenait le haut de l’affiche. L’honneur est sauf.
  • J’avais plein de principes. Tout un tas de trucs que je m’interdisais de faire sous prétexte que « c’est pas bien ». Par exemple, je n’avais encore jamais bu un verre d’alcool de ma vie. A part une fois, quand j’avais 7 ans, par accident : j’avais confondu mon verre de coca avec le verre de whisky-coca de mon père qui était posé juste à côté. Mais ça ne compte pas, je n’étais pas consentent. En plus j’ai tout recraché sur la table. Il en rit encore mon père de cette histoire. Et depuis ce traumatisme, plus une goutte de liche, jusqu’à mes 20 ans. 13 années d’abstinence. De quoi rendre jaloux Renaud ou Gérard Depardieu. Mais je n’avais pas de mérite, à l’époque je n’aimais vraiment pas l’alcool, je trouvais ça dégueulasse. Même le cidre ou le panaché, ça ne passait pas. Et puis pour moi l’alcool c’était Satan. Une sorte de potion maléfique qui change les gens de l’intérieur et les transforme en cons. Du coup, en plus de ne pas aimer ça, je m’interdisais idéologiquement d’y toucher. Et pour justifier ça, je me servais de la fameuse phrase qu’utilisent tous les gens qui ne boivent pas d’alcool en soirée :« Vous savez, je n’ai pas besoin de boire pour m’amuser ». C’est ça ouais. Je ne sais pas si vous êtes déjà allés dans une soirée où les gens ne boivent pas. Mais qu’est-ce qu’on se fait chier ! J’étais comme eux avant, j'étais un espèce de boulet dans les soirées. Sans alcool, la fête est plus molle, c’est moi qui vous le dis.
  • Du coup, vous imaginez bien que je n’aimais pas du tout, mais alors pas du tout les soirées. Pour moi c’était des lieux de débauche, des endroits où l’on risquait de perdre son âme, ou pire encore, sa virginité. Je ne dis pas que je n’y suis jamais allé hein. On a bien réussi à m’y trainé deux ou trois fois en faisant usage de la force. A chaque fois je suis rentré chez moi avant minuit. Comme Cendrillon, sauf que moi j'avais pas envie d'y aller et je restais tout seul dans mon coin pendant le bal. J’me souviens qu’une fois, je suis resté quatre heures assis sur le même tabouret, avec un verre de Smirnoff Ice dans les mains, que j’avais accepté pour être poli et pour faire illusion. Je me disais que camouflé derrière mon verre, personne ne me remarquerais. En plus j’étais persuadé que c’était de la vodka. Pour moi Smirnoff ça sonnait russe, donc c’était forcément de la vodka. Du coup, j’étais fier de moi. « Mec, t’es trop un chaud, tu bois de la vodka et tout, biiim ! ». Alors qu’en fait nan, c’était juste de la bière avec un peu de sirop au citron. C’est vous dire à quel point je n’y connaissais rien. Une autre fois, j’ai attendu que tout le monde ait le dos tourné, et je me suis tiré sans rien dire à personne. Bon, tout ça, ça a un peu changé maintenant. Aujourd’hui, je suis de tous les mauvais coups. Je suis de toutes les fêtes : apéros, bars, restaurants, sorties en tout genre, mariages, divorces, pots de départ en retraite, bar-mitsvas, cérémonies d’enterrement, tout ! Dès qu’il y a quelque chose qui commence à se préparer quelque part, je lève la main pour en être. Je ne sais même encore ce que c’est, mais c'est pas grave, je suis volontaire. « Veni Vidi » comme on dit. Pour le « Vici », on voit après.

110136665_oUn document d'une valeur exceptionnelle : moi, en soirée, en 2005. Admirez comme j'ai l'air de m'amuser. Tout le monde est dans l'ambiance, sauf moi. Aucun verre, ni à la main, ni sur la table. Bien enfoncé dans le canapé. La manche relevée pour voir l'heure qui ne passe pas. Sincèrement, je pense que j'ai juste envie de crever. Remarquez que même la photo de veut pas de moi. Et bien sûr, l'incontournable survêtement (combo pull + pantalon). Je me fais chier certes, mais avec classe !

  • Cependant, il y a des trucs qui ne changent pas : j’étais déjà incapable d’avouer aux filles que je kiffais que je les kiffais. Je vous promets, il y a des filles, j'étais complètement amoureux d’elles, et elles étaient à des années lumières de s’en douter. Mais vraiment hein. Genre, tu leur donnes l’information, elles éclataient de rire. « Ah ah ! Nan arrête, t’es con putain ». Et encore ça c'est quand elles savaient qui j'étais. Je vous jure, la scène faisait pitié, on se serait cru dans une mauvaise comédie romantique française : la fille arrivait vers moi, et là il y avait la musique d’ « Initials BB » jouée par un orchestre symphonique de cent musiciens qui résonnait dans ma tête. Et quand elle arrivait en face de moi, en général elle me tapait dans le dos ou au mieux elle me serrait la main. Et ma vie est ponctuée comme ça d'actes manqués sentimentaux. Je vous le dis, je n’aurais pas seulement été prince du royaume de la timidité, j’aurais aussi été empereur de la Friend Zone.

A suivre...