Capitaine abandonné

31 décembre 2017

200 millions de blogueurs, et moi et moi et moi

passwordeasy

     Le truc le plus chiant quand on décide de créer un blog, à part la mise en forme des pages, la création de la bannière, le choix des couleurs, l'écriture du premier article, l'écriture du deuxième article, l'écriture du troisième article et l'écriture des articles en général (c'est-à-dire tout en fait, si on résume. Pourquoi je m'inflige ça bordel), c'est de lui trouver un nom. Faisons rapide : il y a environ 200 millions de blogs dans le monde (je les ai compté personnellement hier soir) qui utilisent environ 200 millions de titres, et vous on vous demande, de manière complètement anodine, comme si c'était ultra facile, comme si c'était pas super important, comme si c'était une décision qu'on pouvait prendre, comme ça, sur un coin de table, pendant une cuite au vin rouge avec tonton Jean-Claude, comme si c'était pas quelque chose qui pouvait avoir d'irrémédiables conséquences sur l'avenir de l'humanité, bref, on vous demande d'en choisir un.

     Parce que, à la limite, moi je dirais qu'à côté, donner un nom à un enfant c'est facile. Par exemple si vous voulez appeler votre fils Mathéo, vous pouvez l'appeler Mathéo, même s'il existe tout un tas d'autres Mathéo un peu partout dans le monde (beaucoup trop même : arrêtez d'appeler vos enfants Mathéo). C'est rare qu'au moment où vous inscrivez le nom de votre enfant sur l'étiquette, une infirmière se pointe et vous dise "Désolé, ce nom est déjà utilisé par un autre utilisateur". En général, elle vous glisse plutôt une remarque convenue du style "Très joli, c'est un très bon choix !" ou "Ca lui va vraiment très bien !", et beaucoup plus rarement un "Ah nan, déjà pris, essayez plutôt Mathéo7334". Au niveau des blogs, on ne déconne plus, on joue à un autre niveau.

     Mais j'ai relevé le défi. Ca ne me fait pas peur, c'est mon blog, ma bataille. Après tout, j'en ai vu d'autres. Je vous rappelle que j'en ai déjà créé quarante des blogs (voir ici). Je suis quand même capable, une fois de plus, de faire preuve de talent et d'avoir un éclair de génie pour trouver le nom malicieux d'un site internet mort-né.

     D'abord, j'ai voulu faire dans le cynique avec "Debout les morts !" et "On va tous crever", avec un premier article dans lequel j'expliquais que de toutes façons c'est bientôt la fin du monde et de l'humanité toute entière, et que par conséquent pour occuper le temps qu'il me reste, c'était soit me droguer, devenir alcoolique et dilapider mes derniers salaires dans les bars à putes choper toutes sortes de MST plus ou moins sympathiques, soit me lancer dans l'écriture d'un blog, et que pour des raisons de paresse, j'avais opté pour la deuxième solution. Mais bon, j'étais pas hyper convaincu.

     Ensuite, j'ai essayé différents noms qui claquent bien dans la tête et qui marquent bien le côté voulu impertinent d'un blog rédigé par un jeune prétentiard en manque de compliments, genre "Le blog d'un sale con" ou "La langue de pute", mais je me suis dit que ça ne me ressemblait pas, moi qui ne suis qu'amour et tendresse dans le quotidien. Alors, j'ai essayé des titres un peu plus neutres, comme "Oh oui je viens", "Tu montes chérie ?" ou "Je vous dis merde", mais j'ai pensé que tous ces titres avaient le défaut d'être un peu fades. Alors je me suis dirigé vers des choses un peu plus colorées avec des noms comme "Dans ton cul", "Mais ferme ta gueule" ou "On s'en bat les couilles", mais je me suis dit que ce genre de titres ne feraient qu'encourager les lecteurs à fuir en cette période politiquement correcte où il est mal vu d'être vulgaire ou même d'harceler sexuellement une femme. 

     Après toutes ces tentatives infructueuses, j'avoue, j'ai failli craquer. Je me suis dit que ce n'était plus pour moi, que j'avais trop donné, bien avant l'envie. Dépité, j'allais éteindre mon ordinateur quand soudain, l'illumination. Mais oui bien sûr ! Dans mon blog, je vais parler de moi, je vais raconter ma vie. Il faut donc que je trouve un titre en rapport avec ça ! Du coup, j'ai eu plein de nouvelles idées, d'abord des complètement ringardes comme "Des bouts de moi" (nul à chier). Puis des choses plus épicées comme "Tous à poil" ou "In utero" que j'aimais beaucoup, mais que je n'ai pas retenu car juste après, j'ai eu l'idée ultime. Le truc indépassable, le climax de ma créativité. Le nom de mon blog sonnera doux aux oreilles (et un peu moins ailleurs) et sera... "Coloscopie" ! Mais oui ! Quoi de mieux qu'un nom comme celui-là pour parler d'une exploration intérieure ? Ah, j'imaginais déjà la bannière, représentant un grand tunnel avec une petite lumière au fond, et en sous-titre "Voyage au centre de moi".

coloscopieUn exemple d'image qui aurait pu servir de bannière. Avouez que cela aurait eu de la gueule 

     Victoire ! Je le tenais mon titre ! Je le tenais mon blog ! Je clique donc sur l'onglet "validation" et là... c'est le drame : ce nom est déjà utilisé par un autre utilisateur. Fais chier, putain de merde ! Vous vous rendez compte ? Il y a un type quelque part qui a l'esprit suffisamment tordu pour appeler son blog "Coloscopie". Oh et puis après tout tant pis, c'est le jeu ma pauvre lucette. Peut-être que je ne suis plus fait pour ça, tout simplement. J'ai perdu le modjo. J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions, en me retirant de la vie blogosphérienne tout de suite après avoir éteint mon ordinateur. Je quitte mon bureau, frustré et déçu. Je m'effondre sur le lit, tel un héro antique déchu. J'allume la radio pour me changer les idées. Nostalgie annonce le meilleur des années 1980. Une chanson démarre. La suite, vous la connaissez. 

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23 décembre 2017

Weekend dans le coma

Weekend dans le coma 1

    Le lundi matin quand on arrive au boulot, il y a une question incontournable quand on est autour de la machine à café avec les collègues, une question à laquelle on ne peut pas échapper, c'est :

"Alors, qu'est-ce que vous avez fait de beau ce weekend ?".

   Et là c'est un peu la compétition dans les réponses, genre celui qui gagne c'est celui qui a la meilleure vie. Du coup, il y a toujours un mec qui fait : "Nous avec les potes, on est allé fêter l'anniversaire de Jérôme, à Paname. On a fait une soirée de ouf, on a bougé toute la nuit de boites en boites, on a fini à 9h du mat', complètement défaits tu vois". Là-dessus, t'as une collègue qui enchaîne et qui fait : "Nous on est allé passer un petit weekend en amoureux sur la côte avec Jérôme (oui le gars s'appelle toujours Jérôme). On s'est fait un petit resto plein de charme le soir, en bord de mer, puis on est allés marcher sur la plage, sous les étoiles. C'était magnifique !". Et c'est à ce moment-là que tous les regards se tournent vers toi, comme au Poker, pour savoir si t'es capable de sortir une main meilleure que celles-là. Et là tu déçois tout le monde en dévoilant ton minable 2 de pique et ton 6 de coeur, en lâchant un lamentable "oh bah moi euh bfff... rien de spécial", en baissant les yeux et en touillant ton café, ce qui en général provoque un blanc chez toutes les personnes présentes, un peu gênées devant le sinistre de ton existence. Bon c'est sûr, c'est pas toi qui gagne le prix de la meilleure vie. Mais tu remportes quand même l'oscar de la pitié. Tu relativises en te disant que ça aurait pu être pire si t'avais dit la vérité, c'est-à-dire : "Moi ce weekend ? J'ai dormi 32 heures, et j'ai passé mon temps à bouffer de la merde affalé sur mon canapé en regardant NRJ 12".

   On ne vas pas se raconter d'histoires, ça arrive à tout le monde d'avoir des passages à vide. De temps en temps, la tristesse débarque dans nos vies, avec ses quatre valises, et nous comme des cons, on la laisse emménager.

"Ca va je te dérange pas ? Fais pas gaffe hein, je m'installe. Je peux te prendre le placard là ? T'en fais pas je reste pas longtemps, juste deux-trois jours. En plus regarde, j'ai ramené le Macdo et des dragibus. Ah je sens qu'on va se marrer tous les deux ! On va se mettre bien tu vas voir. Aller viens, on va se poser dans le canap' devant NRJ12 !".

   Et une fois qu'elle s'est installée, c'est fini. Je contrôle plus rien. Je lâche tout. J'entre complètement en hibernation. C'est comme si je disais au monde "Allez-y, continuez sans moi ! J'vous regarde !". Je quitte la partie. Je décide de ne plus participer à la vie jusqu'à nouvel ordre. Désormais, ça se passe entre moi, ma télé, et mon jogging. La plan à trois parfait. Emma Watson et Natalie Portman peuvent faire une bataille d'oreillers nues sur mon lit, ça ne m'intéresse pas. C'est vous dire mon état de détresse. Pourtant, au début, je me dis juste que je vais faire une petite sieste, histoire de me remettre d'aplomb après une semaine difficile. Sauf que je me réveille 16 heures plus tard. 16 heures c'est plus une grasse matinée, c'est Pierre Menès et Guy Carlier dans un lit. Après en général je mange deux-trois saloperies bien dégueulasses. Puis ça me fatigue alors je me recouche. Et ensuite bien que voulez-vous, c'est la porte ouverte à toutes les horreurs possibles et imaginables. C'est la spirale du pire qui s'enclenche : la trace des plis de l'oreiller sur le front, la coulée de café et la tâche de ketchup sur le t-shirt, les cheveux gras, les céréales collées dans la couette, le jogging qui sert de papier essuie-tout, les yeux tout collés et j'en passe. Au bout d'un moment j'ai le visage complètement destructuré. Je ressemble à "Guernica" de Picasso. Je me déplace comme un viellard jusqu'à mon frigo. Et bien sûr, je n'ai plus la moindre hygiène. J'ai oublié que j'avais une salle de bain. D'ailleurs je ne sais même plus à quoi ça sert, une salle de bain.

Weekend dans le coma 2Moi (en plus frais) quand je suis sur mon canapé et que je me sens agressé parce que quelqu'un frappe à ma porte.

    Alors forcément dans ces moments-là, je ne peux plus voir personne, sinon je risquerai de choquer les gens avec mon physique. Si vous voulez, c'est comme si il y avait un logo "déconseillé au moins de 16 ans" collé sur ma tronche. Les gens ne sont pas prêts à voir ça. Alors j'essaye d'éviter tout contact avec le monde extérieur. Je ferme mes volets à fond pour donner l'illusion que je suis pas chez moi et que j'ai une vie sociale, ce qui est complètement faux. Puis j'essaye de ne pas faire de bruit, au cas où quelqu'un aurait l'audace de venir me déranger dans ma décrépitude. Quand des amis m'appellent, je laisse le téléphone sonner dans le vide. Quand on frappe à ma porte, je fais le mort. D'ailleurs, des fois je me dis que les gens doivent vraiment croire que je suis mort.

"Euh... Chérie ? On a des nouvelles du voisin là? J'sais pas, je ne l'ai pas vu depuis trois jours, tout est fermé chez lui et il y a une drôle d'odeur devant sa porte. Pourtant sa bagnole est là hein. Si ça se trouve il est mort ce con !"

   Un jour, quelqu'un va appeler les pompiers et ils vont venir défoncer ma porte à coups de bélier. Heureusement, les gens doivent entendre régulièrement la cloche de mon micro-onde ou ma chasse d'eau, ce qui leur montre que je ne suis pas décédé. Du coup ils doivent juste se dire que j'ai une vie de merde. De toutes façons, à un moment, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, il faut bien quitter son canapé et sa couette pour recommencer à vivre, ne serait-ce que pour des raisons professionnelles (faut bien gagner de l'argent pour acheter le macdo et payer la redevance). Alors, j'éteins ma télé. Je renonce à entamer la nouvelle saison de ma série du moment, ce qui m'arrache le coeur. J'accepte de renouer des liens avec ma douche, ma brosse à dent et mon peigne. Je sors de mon appartement et je vais au boulot. Et en arrivant, je me sers un petit café avant de commencer. Et là, il y a mon collègue Jérôme qui débarque.

"- Salut ! Tu vas bien ?
- Ouais, ouais, ça va. Et toi ?
- Super ! Alors, qu'est-ce que t'as fais de beau ce weekend ?".

Connard. 

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19 décembre 2017

Questions pour une chanson

Questions pour une chanson

    Les chanteurs français ont tendance à se prendre un petit peu la tête. Alors soit ça veut dire qu'ils réfléchissent plus que nous. C'est possible, après tout. Soit c'est juste qu'ils sont un peu plus cons que la moyenne. La preuve :

   Que disent les chansons du monde ? Qui de nous deux inspire l’autre ? Qui replantera l’Olivier ? Où sont passés les gens que j'ai aimé ? Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour ? Et comment retrouver le goût de la vie ? Qui pourra remplacer le besoin par l’envie ? Merci à qui, à quoi ? Dans ces vents contraires comment s’y prendre ? Où sont les femmes ? Tu vas au bal ? Qui est « In », qui est « Out » ? Il est où le bonheur, il est où ? Est-ce que tu m'aimeras encore dans cette petite mort ? Tata Yoyo, qu’est-ce qu’il y a sous ton grand chapeau ? Si tu veux que mon bonheur, pourquoi tu t'en vas ? Sais-tu danser la Carioca ? Ville de lumière, qu'ont-ils fait de toi ? A quoi ça sert de vouloir tout savoir ? Est-ce que tu m’entends hey oh ? Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu ? Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ? Pourquoi je vis, pourquoi je meurs ? Qui ose dire qu’il peut m’apprendre les sentiments ? Pourquoi n’essaies-tu pas ? Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? Qu’est-ce qui fait tourner le monde ? Lequel de toi, lequel de moi ? Pourras-tu suivre là où je vais ? Sauras-tu vivre le plus mauvais ? Comment t’appelles-tu ce matin ? C’est quand qu’on va où ? Où et avec qui tu m’aimes ? Mais qu’est-ce que tu bois doudou dis-donc ? Seras-tu là ? Dis-moi, pourquoi t’es comme ça ? Pourquoi ça va pas ? Pourquoi t’essais pas ? Pourquoi tu veux pas ? A quoi je sers ? Quand tu danses, y penses-tu ? Qui craint le grand méchant loup ? Sous quelle étoile suis-je né ? Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Nous souviendrons-nous de nous ? Pourquoi je ris ? Pourquoi je pleure ? Qu’est-ce qui fait chanter les brunes ? Qu’est-ce qui fait changer la lune ? Comment ne pas perdre la tête, sérrés par des bras audacieux ? Sous quelle étoile suis-je né ? Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ? Où est-ce que j’ai mis mon flingue ? Pourquoi je saigne et pas toi ? Qui a le droit ? Tu veux ou tu veux pas ? Comment t'atteindre onde sensuelle ? Qui est l’exemple ? Comment lui dire ? Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école ? Que reste-il de nos amours ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi le silence ? Pourquoi ce grand vide quand je pense à nous ? Est-ce que tu viens pour les vacances ? Te souviens-tu d’un slow, dix ans plus tôt ? Qui saura ? A quoi je rêve ? Après quoi on court ? Qui peut vivre sans amour ? Où t’es papa où t’es ? Mais t'es où ? Pourquoi les gens qui s’aiment sont-ils toujours un peu les mêmes ? Qui a volé l’orange ? Quand te reverrais-je, pays merveilleux ? Dis-moi pourquoi tu dis ça ? Pourquoi t’y crois pas ? Pourquoi t’y crois plus ? Pourquoi tu sais plus ? Est-ce qu'on peut ravoir à l'eau de javel des sentiments, la blancheur qu'on croyait éternelle avant ? A quoi ça sert l’amour ? Qu’est-ce que ça peut faire ? Comment te dire adieu ? Est-ce que ce monde est sérieux ? Pourquoi d’abord ? Pourquoi ? Parce que. 

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04 mai 2015

Encore un blog de merde

EncoreUnBlogDeMerde

     "Moi ? Un nouveau blog ? Nan mais tu rigoles ! Je préfèrerais qu'on m'arrache une couille avec un tire-bouchon ! Nan, soyons sérieux, j'ai déjà perdu beaucoup trop de temps à compiler bêtement des lignes sur internet. Et puis franchement, c'est pas à 28 balais que je vais replonger là-dedans, j'suis trop vieux pour ces conneries."

     Voilà, ça, c'était moi y a un ans. Je répondais à la question d'une amie un peu nostalgique qui me demandait si j'avais pas l'intention, un jour, après quasiment quatre ans d'arrêt, après avoir raccroché les crampons, après avoir déserté les planches, de recommencer à écrire des saloperies sur un blog. Je vous décris la scène : on était en pleine soirée, j'étais en train de me servir mon huitième verre de rosé directement au cubi (la grande classe), je venais de danser sur Magnolias Forever de Claude François (oui bon CA VA, huitième verre je vous ai dit), quand soudain, je ne sais pas pourquoi, sans doute porté par l’ambiance de la soirée (et par l’alcool), j'ai répondu à sa question en lâchant cette tirade pleine d'arrogance et de mépris. Tirade qu'on ne manquera pas de me lancer à la gueule maintenant, vous imaginez bien. Mais bon, que voulez-vous, l'amour des mots à été le plus fort, et je n'ai pas su résister à l'appel de la littérature (enfin presque, du racontage-de-vie-sans-intérêt sur le net plutôt). C'est pourquoi je me suis décidé à sortir de ma retraite internationale pour un ultime tour de piste, à la Zidane version coupe du monde 2006 ou à la François Fillon version présidentielle 2017 (un retour un peu raté, quoi qu'il arrive donc).

     Du coup, je sais déjà ce qu'on va me dire. J'aurais droit à toutes les vannes du style "Un nouveau blog ? Mais il va durer combien d'heures celui-là ? ", ou encore "Mais, c'est ton combientième blog ? Donne-nous juste un ordre de grandeur, à 150 près ? " ou même "T'as pas peur à force d'avoir eu plus de blogs que de gens qui les ont visité ? ". Ha ha ha. Le pire, c'est qu'ils auront raison. Honnêtement, je ne sais pas du tout combien de blogs j'ai créé au cours de ma vie. Je serais bien emmerdé si je devais vous donner un chiffre, là tout de suite. Je suis un peu le Jean-Pierre Mocky du net, j'ai semé n'importe comment, à tout-va. Un jour, une tablette sur laquelle figurera une de mes oeuvres oubliées va venir frapper à ma porte (genre, un vieux skyblog dégueulasse de quand j'étais ado). Et moi, aucune chance que j'assume être le géniteur de cette merde, du coup je claquerai la porte, lui exortant de retourner chez sa salope de mère et refusant catégoriquement de passer à la mairie pour en reconnaître la paternité. Vous comprenez, j'aurais trop peur de me couvrir de honte, car je sais très bien que l'idée qu'un blog dont je serais l'auteur puisse vivre longtemps et en bonne santé est une utopie. Si on voulait résumer, on pourrait dire que son espérance de vie serait à peu près équivalente à celle d'un poisson rouge qui nagerait dans un bocal dans lequel on aurait vidé quatre bières de 25 cl (si si, y a des gens qui font ça en soirée, quand ils sont un petit peu saouls).

     C'est toujours la même rangaine : au début, c'est tout beau et tout neuf, alors ça me donne envie d'écrire. Les articles s'enchaînent, ils sont drôles, bien pensés, bien écrits, et font le bonheur de nombreux nouveaux lecteurs, enjoués par tant de fraîcheur et de talent. Puis les mois passent, et écrire devient rapidement une contrainte, une obligation chiante à laquelle je me sens obligé de me soumettre. Du coup, les articles sortent au compte-goûte, ils ne sont plus vraiment drôles, d'une banalité choquante, écrits à la va-vite, et les visiteurs, plus très nombreux et excédés par tant de nonchalance et de décrépitude, passent leur chemin. Finalement, l'épilogue est toujours le même : le blog est abandonné, les quelques derniers fidèles assistent à son inéxorable pourrissement, jusqu'à ce qu'un jour je daigne enfin prendre une minute de mon temps pour le faire disparaître d'un clic, sans le moindre sentiment. Voilà, c'est la grande histoire de mon activité blogosphérienne. Et j'aime autant vous dire les choses d'entrée : Capitaine abandonné n'échappera pas à la règle. Je vous annonce d'ores-et-déjà sa disparition prochaine, comme tous les autres avant lui. Il sera une bouteille en plastique de plus flottant sur l'océan de mes inspirations avortées. Tout ce que j'entreprends fini irrémédiablement jeté en boule dans une poubelle. Vous voilà avertis, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus.

     Non, franchement, fuyez ce blog. Allez plutôt vous divertir sur les nombreux sites de couture, de scrapbooking ou de cuisine régulièrement mis à jour dont Canalblog raffole. Si par malheur vous vous attachiez à ces pages, vous finiriez obligatoirement par être déçus. 

IMGP0561

Ne vous fiez pas aux apparences : ce poisson rouge a encore vécu de longs mois avant de rendre sa dernière bulle. L'alcoolisme chez les poissons, on en reparlera un jour (notamment chez les morues en boite de nuit).